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漫画 - Manga & BD

Jeudi 22 février 2007

A tout seigneur tout honneur, le premier article n'est pas pour un auteur asiatique mais pour un français, Frédéric BOILET... accompagné (excusez du peu) de Benoît PEETERS au scénario et de TANIGUCHI Jirou himself pour les tramages.

"Tokyo est mon jardin" est un bon pavé Casterman de 150 pages grand format édité en 97, réédité en 2003.

Pour moi, ce livre a été la BD de la révélation du Japon (parallèlement à "Tokyo Express" comme roman, on en reparlera...) : il m'a fait découvrir combien le Japon et les Japonais(es) étaient loin de l'idée qu'on s'en faisait et combien ils étaient attachants et proches de nous.

Même si tout est un peu daté (l'histoire se passe au début des années 90, le livre a été fait vers 93-94), il y a plein de choses très justes, humaines, intemporelles, parfois drôles. Et il y a un happy end qui, comme c'est dit dans le livre, tranche avec les histoires "à la française" :

"David Martin, représentant des cognacs Heurault au Japon, a surtout passé les derniers mois à découvrir la culture nippone et la vie nocturne de Tôkyô. Un matin, il apprend l'arrivée imminente de son patron, venu inspecter l'avancement de son travail.
Il lui faut absolument redresser la situation au plus vite. Sinon, il perdra en même temps son emploi, son visa pour rester au Japon et la jeune femme dont il vient de tomber amoureux.
Le jeune homme entâme alors un drôle de chassé-croisé entre son patron à chaperonner et sa belle à séduire.
"
(in rabat de couverture du livre)

Les livres suivants de BOILET sont encore meilleurs... et son site est flamboyant de trouvailles. http://www.boilet.net/

En même temps, comme tous ses bouquins ont une trame autobiographique forte, on voit bien qu'il ne s'embête pas avec les petites asiatiques !

A lire absolument pour me comprendre. Je vous le prête ?

Par Oscar le canard
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Vendredi 23 février 2007

Un classique de TANIGUCHI Jirou, paru au Japon en 1992, en France en 1995.
Seuls défauts du livre : il est en papier épais et il se lit à l'occidentale.

Pour parodier un ami : c'est très beau, il ne se passe rien.

Mais en fait c'est le contraire : "L'homme qui marche ? C'est celui qui prend le temps de vivre dans un Japon moderne. Celui qui s'arrête pour regarder un oiseau. Un rêveur forcené dont on connaît juste les gestes quotidiens, comme figés dans le temps." (in 4ème de couverture du livre)

Il est semblable à nous, les touristes, quand nous allons dans ce pays et que nous observons ce qui se passe autour de nous sans autre occupation.
C'est presque trop fort ce que je viens d'écrire.

Un recueil de petites histoires sans importance, comme des haïku, dont les titres sont éloquents : "Observer les oiseaux", "Tombe la neige", "Dans la ville", "Grimper à l'arbre"... Une ambiance apaisante, presque pas de texte, des images fouillées, des trames géniales.

Du très grand Taniguchi. En plus j'ai la première édition !

Par Oscar le canard
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Lundi 26 février 2007


"Koiwai Yotsuba est une énergique petite fille de six ans, qui vient d’emménager en ville. Elle vit entourée de son père, qui ne cesse de lui faire des recommandations et de ses nouveaux voisins : la famille Ayase, avec trois filles plus agées dénommées Ena, Fuuka et Asagi. Chaque volume raconte la vie quotidienne de Yotsuba dans ce nouvel environnement. Son inexpérience du milieu urbain et son jeune âge donnent lieu à de nombreux gags et un comique de situation souvent irrésistible." (in le site de l'éditeur) : ils le disent très bien...

C'est vraiment un manga pour toute la famille, petits et grands : des histoires simples, des situations amusantes, d'autres attendrissantes, d'autres très "japonaises", une peu de mystère, une touche d'amour...

On a du mal à ne pas aimer ! On attend le tome 4 à la maison : il devait sortir le 8 février 2007, il est retardé d'un mois et, depuis qu'on sait ça, tout le monde tire la tronche.

Par Oscar le canard
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Lundi 26 février 2007


Sortez les mouchoirs, voici un livre poignant qui vous tirera toutes les larmes de votre corps.

L'auteure est née en 1964 à Hiroshima et voici une phrase qu'elle aime : "Je ne me suis jamais senti grand goût pour portraire les triomphants et les glorieux de ce monde, mais bien ceux dont la plus vraie gloire est cachée." (Gide)

Sans l'avoir vécu elle raconte la vie des futabasha, les victimes de la bombe qui cherchent à se reconstruire, leur dénuement, leur joie et leur volonté de vivre, mais aussi leur agonie sans raison apparente pour eux.

Le livre comprend 2 histoires. La première et la plus courte, 夕凪の街, la ville de Yuunagi, est la pire : elle se passe en 1955 et après 25 pages de bonheur doucement reconstruit, l'héroïne agonise en 3 pages, dans des cases entièrement blanches qui en disent plus long que les vers grouillants de "Gen d'Hiroshima".

La seconde , 桜の国, le pays des cerisiers, se passe en 2004 et explore les liens affectifs, portés par l'Histoire, qui se tissent entre les survivants de la bombe et leurs descendants.

Un grand bouquin, j'ai essayé de lire un autre de la même auteure en japonais (さんさん録) et je n'y suis pas parvenu. Présomptueux.

Par Oscar le canard
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Mercredi 28 février 2007


Un de mes secrets... j'ai beaucoup d'affection pour ce livre peu connu et lui-même d'un jaune discret.

Un livre féminin (facile !), au dessin abstrait et aux histoires elliptiques, presque Taniguchi-like dans les thèmes abordés. C'est un lauréat du prix Tezuka, une récompense importante pour les manga. Le format et le sens de lecture sont japonais.

En substance "Le livre jaune de Fumiko Takano est l'un de ces précieux ouvrages que l'on se plaît à feuilleter pour retrouver la douce familiarité avec les protagonistes. Ce recueil reprend le titre du plus long des quatre récits le composant, centré sur une adolescente hantée par la lecture des THIBAULT, la saga de Roger Martin du Gard. Les récits suivants captent d'autres fragments du quotidien, avec tendresse et humour. Par le prisme de ses instantanés féminis, Le Livre jaune touche au coeur en s'attachant à ce qui, finalement, compose la vie : les petits riens de tous les jours." (in rabat de couverture)

Pas grand chose à dire sur ce livre : c'est mieux de le lire.

Par Oscar le canard
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Mardi 6 mars 2007

Du très beau et du très grand manga avec une histoire assez commune au départ mais qui nous touche tous en même temps : de retour dans sa ville natale de Tottori après plusieurs années d'absence, Yoichi se remémore son enfance et son histoire lors de la veillée funèbre pour les obsèques de son père. C'est l'occasion de comprendre à quel point celui-ci (comme toute sa famille) était resté attaché à lui malgré son éloignement et son silence.

C'est une oeuvre exceptionnelle, tant esthétiquement que dans son propos. 
Le dessin est aussi précis que dans "L'homme qui marche" (avec aussi plein de petits détails très "Japon"), les images ne sont pas "mangées" par des onomatopées en kana, les dialogues sont ciselés, les trames sont sublimes, l'utilisation de la page (tant les cases que les mises en page que les transitions) est une merveille.
Et tout ce graphisme sert une histoire touchante, prenante. Le sujet est universel : les retrouvailles de l'enfant prodigue avec son passé, ses racines, la re-découverte de son père. Ce pourrait être un livre passéiste, exhibitionniste, à l'eau de rose. C'est tout le contraire. Yoichi se réapproprie et réinterprète son enfance. Mais pas de paradis perdu, pas de régression. Pas de fuite spectaculaire de la ville pour un retour à la terre salutaire ! Simplement la prise de conscience de l'amour porté par les proches en général et en particulier par une soeur protectrice sans être complice. Et surtout prise de conscience de l'amour porté par ce père silencieux et si obstiné. Même mus par l'amour, les autres ne font pas toujours ce qu'on attend d'eux. Ainsi s'installent les malentendus.
Une ode à la famille touchante et moderne, inspirée certainement par la vie de l'auteur. Se méfier de l'irruption involontaire de petites larmes qui viennent nouer la gorge...

Une histoire parue en 1995-1996 en japonais, en 1999-2000 en français en 3 volumes et rééditée en 2004 en un seul volume. Un seul regret : l'impression en sens occidental.

Mais une grande satisfaction : partager les émotions nées de sa lecture avec mes amis chers.
(Il y en a qui ne vont plus se sentir en voyant ça !)

Par Oscar le canard
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Samedi 10 mars 2007

Petit cours sur les catégories de mangas à tendance homosexuelle (savoir très récent, j'étale ma science !) :
- yuri = homosexualité féminine, avec sexe inside (euh... + ou - !)
- yayoi = le même pour les poilus
- shoujo ai = situations platoniques et ambigües entre femmes
- shounen ai = garçons sensibles et regards lourds de sens

Donc là on est en plein dans le yuri. L'auteure fait des one shot (= pas des séries) de ce genre et celui-ci fait partie de 4 de ses ouvrages traduits en français. C'est mon préféré.

"Ichiko Izumiya est une jeune étudiante en anglais, qui souhaite marcher dans les pas de son père, traducteur de romans américains branchés. Elle se décide enfin à lui avouer qu'elle est amoureuse d'Eriko, une étudiante en droit. Ichiko va tenter de vivre son homosexualité en paix et être amenée à s'interroger sur la nature de sa relation : est-elle réellement homosexuelle ou simplement amoureuse d'un être sensible qui se trouve être du même sexe qu'elle ?" (in 4e de couverture)
La suite de l'histoire apporte surprises et rencontres diverses, même si ça tourne un peu trop souvent homo à mon sens.

Graphiquement c'est un album original dans ma bibliothèque, mais il en existe certainement d'autres du même tonneau : visages détaillés (presque photographiques), décors minimaux voire absents (ça change de Taniguchi !), transitions entre images très manga (RTFM "l'art invisible" et vous comprendrez !), utilisation intéressante du noir en à-plats... un seul défaut : les trames sont détestables, mais c'est peut-être un pb de scanne.

Un bouquin mineur assez "djeune" mais pas désagréable car il parle avec un ton juste de la complexité des sentiments et des situations. Je le prête, mais il me faut une attestation comme quoi vous avez plus de 18 ans car je ne veux pas de pb avec vos parents.

Par Oscar le canard
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Mardi 13 mars 2007

Imaginez un bateau de guerre du XXIème siècle qui se retrouve projeté en pleine guerre du Pacifique par un orage très violent... doit-il intervenir dans le conflit avec ses moyens technologiquement supérieurs ? doit-il ne pas intervenir ? peut-il influer sur le cours de l'histoire (qu'il connaît) et la transformer ? on vous l'a déjà faite celle-là hein ?
L'auteur n'a pas de complexe : il vous la refait encore, s'inspirant d'un film américain assez célèbre et situant l'histoire du côté japonais cette fois-ci.

Le dilemme s'en trouve complexifié et ça donne un résultat plus fouillé que dans le film : faut-il faire allégeance au régime militariste ? faut-il permettre au Japon de gagner une bataille (mais pas la guerre tout de même) ? faut-il révéler ce que l'on sait de l'avenir ? les américains ne sont-ils pas nos amis ? "l'armée" japonaise du XXIème siècle peut-elle attaquer des américains, même de 1944 ? peut-elle tuer ? bref, que faire ?

Un histoire datant de 2000, avec 13 volumes en France pour l'instant + un anime de 26 épisodes qui reprend les 6 premiers volumes, un sens de lecture japonais, une mise en images convenable, une bonne maîtrise du dessin de guerre et du dessin technologique (avec mélange d'engins historiques, d'engins actuels et d'engins imaginaires !), quelques combats, une galerie de personnages variée... que demander de plus ?
Que l'histoire tienne la route !

En effet si le postulat de départ est séduisant, au bout de 3-4 volumes on cherche vainement un fil conducteur sérieux derrière cette (trop) longue histoire.
Ca barre dans tous les sens : certains personnages parcourent le monde (Japon, Chine, URSS, Allemagne...) mais on ne comprend plus très bien pourquoi, le bateau lui va du Nord au Sud autant pour se cacher que pour remplir le scénario, les américains sont des espèces de benêts qui ne savent pas lire un écran radar, les japonais des années 40 sont soit des pacifistes militaires contre leur gré, soit des utopistes dont le seul tort est de rêver à un grand Japon ("Zipang").

Tout ce révisionnisme est presque nauséabond, surtout dans un ouvrage récent.Et les invraisemblances s'accumulent pour faire durer les choses (tentative d'assassinat d'Hitler par un japonais, vol d'uranium pour le ramener par avion à Tokyo, entrevue avec l'Empereur Hiro Hito, meurtre de Pu-Yii l'Empereur de Chine par un autre japonais...). A ne lire que si vos êtes fana mili.

Au fait, question : Quel est le nom du film américain ?

 

Par Oscar le canard
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Mercredi 21 mars 2007

Un Taniguchi inhabituel et intellectuel : une "manga littéraire", avec comme fil l'époque Meiji et l'écriture du roman "坊ちゃん" - Bouchan, un des chefs d'oeuvre de Soseki Natsume.

Donc pas d'évènement surnaturel, de retour en arrière (quoique ça na manque pas de flashback), d'animal exceptionnel, de randonnées en montagne... Juste l'ambiance d'occidentalisation de la restauration Meiji, une galerie de personnages et Soseki en proie aux affres de la création.
Ce n'est pas un chef d'oeuvre de Taniguchi pour moi. Il y en a d'autres, on en parlera !

En lecture japonaise, 5 gros volumes d'images au style plutôt occidental. Une particularité : le volume 3 français est en fait le volume 2 japonais... mais ça ne change pas grand chose dans cette série historique sans histoire.

Par Oscar le canard
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Dimanche 25 mars 2007

Un chef d'oeuvre... je n'en présenterai pas beaucoup comme ça alors faîtes-moi confiance.
C'est un recueil de récits (paru au Japon en 1993, en France en 2004), inspiré de nouvelles de Utsumi Ryuichiro. La première histoire, "L'orme du Caucase", donne son nom à l'ouvrage.

Le sens de lecture est occidental. Les trames, en particulier pour figurer les feuillages et les ombres sous feuillage, sont des merveilles.
Il y a peu d'action, les découpages et les transitions sont donc majoritairement "de moment à moment" et "de point de vue à point de vue" (RTFM et vous comprendrez nom de nom !) et apportent lenteur et continuité aux histoires.

"Dans ce recueil de nouvelles, enfants et adultes sont en butte aux difficultés de l'existence, seuls face à eux-mêmes et à leurs espérances. Taniguchi et Utsumi explorent, avec subtilité, ces moments de recul et de réflexion qui déterminent une vie. Avec toujours autant de finesse et d'émotion [Taniguchi] nous convie à une recherche pleine de sagesse, en quête d'une paix intérieure." (in rabat de couverture)
Subtilité, finesse, émotion... c'est tout Taniguchi.

Certains récits sont "juste" nostalgiques et serrent peu le coeur, mais plusieurs autres sont vraiment lacrymogènes : "Le cheval de bois", "La petite fille à la poupée", "Le parapluie" et surtout la dernière, "Son pays natal", me font invariablement l'effet des oignons.
En plus les japonais aiment les happy end, donc on finit la lecture euphorique et apaisé !

Un livre dont on n'aimerait qu'il n'aie pas de fin tellement il procure de bonheur. Un livre que je suis fier d'avoir fait découvrir à certains qui se reconnaîtront...
Mais je ne sais pas s'ils ont pleuré aux mêmes récits que moi.

Par Oscar le canard
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