ジパング - Zipang, l'histoire se répète

Publié le par Oscar le canard

Imaginez un bateau de guerre du XXIème siècle qui se retrouve projeté en pleine guerre du Pacifique par un orage très violent... doit-il intervenir dans le conflit avec ses moyens technologiquement supérieurs ? doit-il ne pas intervenir ? peut-il influer sur le cours de l'histoire (qu'il connaît) et la transformer ? on vous l'a déjà faite celle-là hein ?
L'auteur n'a pas de complexe : il vous la refait encore, s'inspirant d'un film américain assez célèbre et situant l'histoire du côté japonais cette fois-ci.

Le dilemme s'en trouve complexifié et ça donne un résultat plus fouillé que dans le film : faut-il faire allégeance au régime militariste ? faut-il permettre au Japon de gagner une bataille (mais pas la guerre tout de même) ? faut-il révéler ce que l'on sait de l'avenir ? les américains ne sont-ils pas nos amis ? "l'armée" japonaise du XXIème siècle peut-elle attaquer des américains, même de 1944 ? peut-elle tuer ? bref, que faire ?

Un histoire datant de 2000, avec 13 volumes en France pour l'instant + un anime de 26 épisodes qui reprend les 6 premiers volumes, un sens de lecture japonais, une mise en images convenable, une bonne maîtrise du dessin de guerre et du dessin technologique (avec mélange d'engins historiques, d'engins actuels et d'engins imaginaires !), quelques combats, une galerie de personnages variée... que demander de plus ?
Que l'histoire tienne la route !

En effet si le postulat de départ est séduisant, au bout de 3-4 volumes on cherche vainement un fil conducteur sérieux derrière cette (trop) longue histoire.
Ca barre dans tous les sens : certains personnages parcourent le monde (Japon, Chine, URSS, Allemagne...) mais on ne comprend plus très bien pourquoi, le bateau lui va du Nord au Sud autant pour se cacher que pour remplir le scénario, les américains sont des espèces de benêts qui ne savent pas lire un écran radar, les japonais des années 40 sont soit des pacifistes militaires contre leur gré, soit des utopistes dont le seul tort est de rêver à un grand Japon ("Zipang").

Tout ce révisionnisme est presque nauséabond, surtout dans un ouvrage récent.Et les invraisemblances s'accumulent pour faire durer les choses (tentative d'assassinat d'Hitler par un japonais, vol d'uranium pour le ramener par avion à Tokyo, entrevue avec l'Empereur Hiro Hito, meurtre de Pu-Yii l'Empereur de Chine par un autre japonais...). A ne lire que si vos êtes fana mili.

Au fait, question : Quel est le nom du film américain ?

 

Publié dans 漫画 - Manga & BD

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Julien 08/08/2007 21:25

Justement, à mon tour je ne comprends pas ce mauvais procès que tu fais ici ! Oui Kawaguchi nous montre que pendant la guerre, il y avait une grosse partie des militaires Japonais qui voulaient conquérir l'Asie et ne reculaient devant aucune atrocité pour parvenir à leurs fins. Mais le fait que Kawaguchi nous les présente ne signifie nullement qu'il partage leur point de vue, bien au contraire. Il ne faut pas lire Zipang pendant bien longtemps pour comprendre que la vision du bien est incarnée par Kadomatsu, et que si Kawaguchi lui met un adversaire aussi coriace que Kusaka entre les pattes, ça ne sera (sans doute, mais certes je m'avance un peu) que pour mieux le laisser triompher à la fin de l'histoire. Alors tu peux penser que Kawaguchi aurait pu s'arrêter deux secondes pour montrer les horreurs commises durant la guerre, ce qui est le reproche principal que l'on fait à Zipang, mais je pense que Kawaguchi est au delà de ça parce que ce n'est pas là-dessus qu'il construit son histoire (on a tendance à l'oublier, mais c'est aussi une histoire).

Dans Zipang, on a aussi à la fois : de très bons éléments pour découvrir une partie de la deuxième guerre mondiale que l'on ne connait que mal en Europe, le versant Pacifique ; une uchronie qui tient la route (et c'est vraiment super rare, alors si on cherche la petite bête c'est sûr qu'on peut trouver des éléments troublants mais c'est impossible d'y échapper) et une bonne dose de phychologie de guerre façon Lao Tseu du 21è siècle.

Pour ta dernière remarque, elle prouve que tout comme les hommes du Mirai (!) tu 'as pas pensé à assez longue portée ce qui pourrait se passer si un navire du futur s'engage dans des conflits : les premiers adversaires il en fait de la purée, mais après (i.e. quand on est à court de tout ce qui est en quantité limitée) ? Kawaguchi souligne parfaitement bien à quel point 60 années de technologies d'avance c'est peut-être énorme, mais cela ne signifie absolument pas l'invulnérabilité pour qui jouit de cet avantage...

Julien 30/04/2007 18:20

Je suis en total désaccord avec ton opinion et tes arguments, et voici pourquoi :

1) dans final countdown (le film américain dont tu cherchais le titre), le porte-avions rentre gentiment au bercail très rapidement. Ici le Mirai reste coincé en 1942 et change le passé de façon assez imprévisible et inéluctable. C'est énormément plus riche !

2) tu as du rater des scènes, parce que l'on voit à de nombreuses reprises des va-t-en guerre du coté Japonais que les hommes du Mirai et les modérés ont le plus grand mal à contenir. Les dégâts que l'occupation Japonaise a occasionnée sont aussi évoqués. C'est impossible de parler ici de révisionnisme, sauf si on a juste lu en diagonale bien sûr...

3) le mirai ne s'amuse pas à valdinguer du nord au sud, à chaque fois (encore une fois il faut lire et réfléchir un peu, je sais c'est pas facile pour tout le monde :) ) il y a une bonne raison, surtout la raison profonde selon les officiers du Mirai : se déplacer sur les champs de bataille pour sauver des vies, de façon directe ou indirecte.

4) Les invraisemblances sont dures à trouver. Kawaguchi a fait un travail d'expert dans la documentation, il connait très précisément la situation géopolitique en Asie avant et pendant la guerre, les armes utilisées à l'époque avec leur évolution, les hommes qui jouent déjà un rôle important dans l'Histoire ou vont y être appelés.

Bref, tout ceci pour dire que si tu n'as pas aimé, c'est ton droit, mais tes arguments sont vraiment bidons.

Oscar le canard 04/05/2007 01:30

Merci Julien pour ton point de vue contradictoire, qui donnera certainement envie à d'autres de se faire leur propre avis pour le publier...
Sans traiter tes propos de... bidon, ce que les miens sont par essence (arf), je ne les accepte pas du tout. Si l'auteur est bien documenté, la gallerie de personnages pléthorique, l'histoire plus riche que le film américain, c'est dans un dessein malhonnête intellectuellement : présenter la guerre dans le Pacifique comme une oeuvre de civilisation que même les japonais du XXIe siècle doivent aider et comprendre !
Je persiste à dire que c'est un révisionnisme malsain. Et inutile.
En plus il aurait pu faire ça en 3-4 tomes et c'était torché. Par exemple, à la fin du 4e tome, ils font route vers Tokyo et ils menacent le palais impérial et c'est la fin de la guerre et c'est fini.
PS : et le film s'appelle bien "The final countdown", tu as gagné.